L’intoxication par le crabe de cocotier en Nouvelle-Calédonie

14 Nov 2017 à 18h
Campus universitaire
Amphithéâtre 400
Claude Maillaud (ISEA, UNC)

Soutenance de thèse de Claude Maillaud, Institut de sciences exactes et appliquées (ISEA) de Nouvelle-Calédonie, UNC.


L’intoxication par le crabe de cocotier Birgus latro représente une entité récemment décrite en Nouvelle-Calédonie. Elle résulte de la consommation par le crustacé des fruits du faux manguier Cerbera manghas, lesquels contiennent des hétérosides cardiotoxiques tels que la nériifoline, responsable de l’intoxication. Les crustacés impliqués ont tous été capturés dans les îles Loyauté.
L’intoxication est potentiellement mortelle, en raison de la toxicité cardiaque de la nériifoline. Le décès survient du fait de troubles de la conduction sévères évoluant vers l’asystolie. La constatation d’une hyperkaliémie et l’existence chez les victimes d’antécédents tels qu’un âge élevé, une insuffisance rénale, un diabète et/ou une pathologie cardio-vasculaire ont été associées aux décès. La grande similitude de l’intoxication par la nériifoline avec l’intoxication digitalique a ouvert la voie à l’utilisation thérapeutique des fractions Fab antidigitaliques, dont l’efficacité a été démontrée lors d’intoxications par le crabe de cocotier avec mise en jeu du pronostic vital.
La consommation du céphalothorax du crustacé, où se situe la partie proximale du tube digestif, semble exposer aux intoxications sévères. Toutefois, des hétérosides cardiotoxiques peuvent être présents en quantité significative dans toutes les parties de l’animal. Le portage des toxines par celui-ci apparaît prolongé, ce qui rend illusoire la mise en quarantaine des birgues en préalable à leur consommation. A défaut d’une interdiction, si ce n’est de la consommation, du moins de la vente du crabe de cocotier en Nouvelle-Calédonie, la détermination de zones de capture autorisée et la mise en place d’une réglementation de sa commercialisation pourraient être de nature à limiter le risque d’intoxication potentiellement létale auquel sont exposés habitants et visiteurs des îles Loyauté.

Mots-clefs
Crabe de cocotier Birgus latro, faux manguier Cerbera manghas, nériifoline, intoxication, Nouvelle-Calédonie, fractions Fab antidigitaliques.

 

Summary
Coconut crab Birgus latro poisoning has been recently reported in New Caledonia, resulting from the consumption of the fruits of the red-eye-sea mango tree Cerbera manghas by the crustacean. Those fruits contain several cardenolides such as neriifolin, showing cardiac toxicity. All coconut crabs involved in poisoning cases have been caught in Loyalty Islands.

Coconut crab poisoning had shown to be a life-threatening condition, as severe atrio-ventricular disturbances may lead to asystolia. Hyperkaliemia, age over sixty, previous history of chronic renal failure, diabetes mellitus and/or cardiovascular disease were noticed among patients whose poisonings were lethal. As coconut crab poisoning mimicks digitalis poisoning, specific antidotal therapy had to be considered. Digoxin-specific Fab antibody fragments have been effective in the treatment of life-threatening coconut crab poisonings in New Caledonia.

Though the cephalothorax, where upper digestive tract is located, is the most toxic part of the crustacean, significative amounts of cardenolides have been also found in the flesh of the crustacean. As we have shown a long-term bearing of the toxins in the crustacean, attempts for its quarantine with controlled atoxic diet prior to its consumption would not be effective as a preventive strategy. Failing that consumption or capture of the coconut crab would be forbidden in New Caledonia, a strict regulation limiting the caught to some low-risk sternly controlled areas should be considered.

Key words
Coconut crab Birgus latro, red-eye-sea mango tree Cerbera manghas, neriifolin, poisoning, New Caledonia, Digoxin-specific Fab antibody fragments.

 

Composition du jury

  • Bruno Megarbane (Université Paris Diderot ; équipe de recherche « Mécanismes de toxicité et optimisation thérapeutique des psychotropes », à l’INSERM UMRS-1144, Université Paris-Descarte)
  • Luc De Haro (UF Toxicovigilance, Neurotoxicologie, Faculté de la Timone à Marseille)
  • Nicolas Lebouvier (Université de la Nouvelle-Calédonie)
  • Olivier Axler (Centre hospitalier territorial de Nouvelle-Calédonie)
  • Édouard Hnawia (Université de la Nouvelle-Calédonie, centre IRD Nouméa)
  • Yann Barguil (Centre hospitalier territorial de Nouvelle-Calédonie)

 

Rapporteurs

  • Bruno Megarbane (Université Paris Diderot)
  • Luc De Haro (Faculté de la Timone à Marseille)

 

Contact
claudemaillaud@yahoo.com.au

 

 

(c) Illustration : Philippe Bacchet

14 Nov 2017 à 18h

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