Écologie et impacts d’un prédateur introduit au sein d’un hot-spot mondial de biodiversité. Le chat haret Felis s. catus dans l’archipel néo-calédonien

14 Déc 2017 à 9h
Amphithéâtre 400
Campus universitaire
Pauline Palmas

Soutenance de thèse de Pauline Palmas, ESE, IRD, UNC.

Le chat haret est l’un des prédateurs invasifs les plus dommageables pour la biodiversité insulaire. Sa présence est associée à une perte de biodiversité sur l’ensemble des îles sur lesquelles il est établi, et où il constitue une menace pour de nombreuses espèces de vertébrés souvent endémiques et menacés. En Nouvelle Calédonie des populations de chats harets sont présentes dans tous les milieux et habitats et l’étude de son écologie et de ses impacts sur la faune ont fait l’objet de ce travail de thèse. L’analyse du régime alimentaire sur 14 sites d’études représentatifs des 4 habitats majeurs a révélé un régime très diversifié et une forte prédation sur les vertébrés natifs et notamment sur le groupe des scinques, des roussettes et des pétrels.

Parmi les 44 espèces de vertébrés retrouvées dans le régime alimentaire de ce prédateur invasif, la plupart sont endémiques et 20 sont listées comme menacées sur la liste rouge mondiale de l’UICN. Le suivi des déplacements d’une dizaine d’individus équipés de colliers GPS au niveau d’une presqu’île de la côte ouest abritant une importante colonie d’oiseaux marins, a permis de mettre en évidence de grands domaines vitaux pour les mâles, des domaines vitaux petits pour les femelles et des patrons de déplacements importants liés aux différentes étapes du cycle reproducteur des oiseaux marins. Ces éléments, couplés aux analyses de régime alimentaire suggèrent une prédation à la fois sur les adultes reproducteurs mais également sur les jeunes oiseaux proches de l’envol, et ceci à une large échelle géographique puisque certains des chats harets concernés avaient le cœur de leur domaine vital situé à plus de 3 km de la colonie. Une opération expérimentale de contrôle d’une population de chats harets a été conduite sur cette presqu’île et a montré une faible durabilité des effets de la suppression des individus sur les densités observées et une rapide recolonisation du site. Les résultats de ce travail plaident pour la mise en place de mesures de limitation des impacts occasionnés et permettent en particulier de cibler les habitats de maquis et forêt humide comme prioritaires en matière de limitation des abondances. Ces travaux nous éclairent également sur l’emprise spatiale et l’intensité des futures mesures de contrôle à conduire dans le contexte d’îles de grande superficie et fortement envahies.

Mots clefs : Invasions biologiques, écosystèmes insulaires, Felis catus, chat haret, prédation, écologie trophique, étude des déplacements, contrôle des prédateurs, squamates, roussettes, pétrels, cagou.

Composition du jury

Examinateurs

  • Jean-Yves Meyer, Gouvernement de la Polynésie française
  • Yves Letourneur, Université de la Nouvelle-Calédonie

Directeurs

  • Eric Vidal, IRD
  • Elsa Bonnaud, Université Paris Sud XI

Rapporteurs

  • Matthieu Le Corre, Université de la Réunion
  • Lisa Crampton, University of Hawai’i at Manoa

 

Contact
Pauline Palmas
Courriel :  pauline.palmas@ird.fr

 

INVASIVE PREDATOR ECOLOGY AND IMPACTS IN A BIODVERSITY HOTSPOT. THE FERAL CAT FELIS CATUS IN THE NEW-CALEDONIAN ARCHIPELAGO.

Feral cat (Felis catus) is one of the most successful and harmful invasive predator species for island biodiversity. The presence of this alien predator species generally lead to dramatic loss of native island biodiversity and represents a serious threat for numerous endemic and threatened species. Feral cats have invaded the whole New-Caledonian archipelago and all its habitats. In this study, we focused on the ecology and impacts of this invasive predator on the outstanding endemic fauna found in the different habitats of the exceptional New-Caledonia biodiversity hotspot. Feral cat diet analyses on 14 selected sites representing the 4 main natural habitats revealed a high diversified diet and high predation rates on native species particularly on squamates, flying foxes and petrels. Among the 44 vertebrates species found into the feral cat diet, 20 are IUCN red-listed threatened species. Cat movements of eleven feral cats fitted with GPS collars have been studied in a western coast Peninsula hosting an important seabird colony. Male cats showed large home ranges while female showed small home ranges. Feral cats exhibited important movements within the studied peninsula linked with the breeding cycles of seabirds. GPS data coupled with dietary informations suggested a predation that concerned both breeding adults and fledgings bird, and at a large geographic scale as some feral cats have their core home range distant to the colony (>3km). We evaluated the effects of a high level but intense cat control on this site that showed a low sustainability of feral cat culling and a rapid recolonization process. Our results are pleading for the future limitation of feral cat impacts and call to focus first abundance limitation measures on maquis mosaic and humid forest habitats This study also provided information on the spatial extent and intensity of future control measures in the special context of a large and highly invaded island.

Key words: biological invasions, islands, feral cat, predation, trophic ecology, movement analysis, predator management, skinks, flying foxes, petrels, Kagu, Rhynochetos jubatus.

14 Déc 2017 à 9h

Soutenance de thèse de Pauline Palmas, ESE, IRD, UNC. Le chat haret est l’un des prédateurs invasifs les plus dommageables … Lire la suite